09.04.2010
Une ombre têtue... juste pour rire !
Aujourd'hui, je vous invite à un peu de détente, en regardant cette vidéo gag confectionnée de mains de maître par un professeur de mathématiques d'une université américaine (Biola University, une université chrétienne du Sud de la Californie). Mais au-delà du côté comique (tous les étudiants rient à l'unisson), il faut quand même reconnaître que c'est un petit exploit informatique qu'a réalisé le Professeur Matthew Weathers, qui a fait cette surprise à ses étudiants le 31 mars 2010 en guise de poisson d'avril ! Regardez tout simplement.
Bon week-end à tous !
K@rl
Blogueur africain
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08.04.2010
Afrique du Sud : la mort d'Eugène Ney Terre'Blanche, la fin de la paix officielle après l'apartheid ?

Depuis le 3 avril dernier, l'Afrique du Sud vit au rythme des événements consécutifs à l'assassinat d'Eugène Terre'Blanche, fermier blanc réputé pour son racisme et son action en faveur de la création d'une nation afrikaner autonome. Dans ce billet, je me propose de vous donner quelques informations sur la personne et son combat, avant de me poser quelques questions sur l'évolution probable de la situation sociale du pays.
Qui est Eugène Terre'Blanche ?
Eugène Terre'Blanche, E.T. pour ses détracteurs, est un afrikaner (sud-africain blanc) né le 31 janvier 1941 à Ventersdorp dans le Transvaal, Province du Nord-Ouest de l'Afrique du Sud. Descendant d'un protestant français immigré en Afrique du Sud en 1704, il se met à l'agriculture en 1968, après avoir passé quatre années dans la police.
Sur le terrain politique, M. Terre'Blanche s'est toujours illustré par sa farouche opposition à toute forme de gouvernement démocratique qu'il assimile au communisme, profondément attaché qu'il est au système de l'apartheid. Il est l'un des membres fondateurs en 1973, avec quelques uns de ses amis, du Mouvement de résistance afrikaner (Afrikaner Weerstandsbeweging -AWB), qui a toujours affiché sa sympathie pour le nazisme.
Après la libération de Nelson Mandela en 1990 et son accession au pouvoir en 1994, M. Terre'Blanche et les siens ont tout essayé pour s'opposer au démantèlement du système de l'apartheid, mais en vain. Plus récemment, en septembre 2009, il a réclamé les terres du Nord du Natal et du Transvaal oriental, afin de former une république afrikaner autonome.
Sa mort et la suite pour la paix sociale en Afrique du Sud
M. Terre'Blanche aurait été assassiné par deux de ses employés qui l'auraient frappé à plusieurs reprises à coup de machettes, avant de baisser son pantalon et de s'enfuir. Même si une autre version parle de coups assénés avec des barres de métal, toujours est-il que les deux jeunes gens (15 ans et 21 ans) ont été appréhendés et leur procès, démarré hier [6 avril 2010], a été renvoyé au 14 avril prochain.
Le problème, c'est que la mort de la figure de proue de l'extrémisme blanc en Afrique du Sud coïncide avec un autre événement qui ranime les (vieux) démons du racisme et de la discorde sociale au pays de Mandela : il s'agit de la résurrection du fameux chant incitant à « tuer les Boers », par Julius Malema, le chef de la ligue des jeunes de l'ANC, en visite au Zimbabwe pour soutenir la réforme agraire de Robert Mugabe.

Dans ce contexte surchauffé, à l'image des échauffourés entre blancs et noirs enregistrées lors du procès (voir photo ci-dessus), on se rend compte que l'euphorie de la mort de l'apartheid, sur-médiatisé et applaudi aux quatre coins du monde, n'a pas suffi à résoudre les problèmes communautaires plus que centenaires. Pour montrer que l'exercice du pouvoir par les noirs n'a pas vraiment résolu les problèmes du pays, on peut noter que depuis 1994, selon des sources afrikaner, plus de 1.000 fermiers blancs ont été assassinés. Et l'insécurité dans ce pays est devenu un phénomène endémique (on parle de 50 meurtres par jour).
Voyez-vous, actuellement, tout le monde semble faire référence à cette situation en se posant la question de savoir si la Coupe du Monde prévue en juin prochain dans ce pays, n'est pas menacée. Moi, je me pose plutôt la question de savoir si la société sud-africaine n'est pas en train d'aller vers une nouvelle guerre inter-communautaire. La question mérite qu'on s'y penche, plus que celle de la tenue de la Coupe du monde. Qu'en pensez-vous ?
Karl
Blogueur africain
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07.04.2010
Barcelone - Arsenal : Messi, la classe... totale !

Et au terme de 90 minutes tout aussi pleines qu'intenses, un homme a survolé le match, par sa classe exceptionnelle. Lionel Messi, le ballon d'or 2009 a une fois de plus confirmé tout le bien qui se dit de lui. À lui seul, il a asséné les quatre buts de son équipe, lui permettant ainsi de se qualifier pour les demi-finales sur le score de 4 à 1 (après le match nul 2 – 2 concédé en Angleterre).
Vraiment, je n'ai pas reconnu l'équipe d'Arsenal qui tout au long de ce match, « s'est cherchée » comme ont dit chez nous à Abidjan. Mais, comme l'avouait un des commentateurs, Arsenal n'a pas perdu son football : elle est tout simplement tombée sur plus fort qu'elle, et le résultat est logique.
Ainsi, loin de résumer les exploits du Barça aux quatre buts inscrits par Messi, c'est toute l'équipe qu'il faut féliciter. Avec son jeu rapide alternant de façon ingénieuse passes courtes et passes longues, les génies du Barça ont vite dérouté leurs adversaires qui, il faut le reconnaître, n'ont pas su s'adapter au rythme imprimé par les locaux. Je vous invite à savourer à souhait les buts de Léo Messi en cliquant ici.
L'enseignement que je tire de ce match, c'est qu'au foot comme dans tous les aspects de la vie sociale, rien ne peut venir à bout d'un jeu d'équipe soudé, anticipatif et proactif. Prenons-en de la graine, pour que l'Afrique avance !
Karl
Blogueur africain
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06.04.2010
Lutte contre le racket en Côte d'Ivoire : des débuts prometteurs ?

Je n'ai pas pu m'empêcher de vous proposer le récit d'un acte de répression de la corruption sur les routes ivoiriennes, tel que relaté dans le journal Fraternité Matin, édition du week-end pascal. Avant de dire ce que j'en pense, je vous laisse lire in extenso l'article de Monsieur Landry Kohon :
« La phase répressive de l'opération fluidité routière s'est véritablement mise en marche. Les équipes de contrôle qui ont commencé à patrouiller, 24h/24, ont épinglé, hier [vendredi 02 avril 2010], peu après 12h, trois individus qui tentaient de corrompre des agents en faction sur l'autoroute du Nord. Conduits à l'Etat-Major [des armées] au Camp Galliéni, ils ont été mis à la disposition du tribunal militaire.
Les personnes interpellées sont des conducteurs ou apprentis de véhicules gros porteurs. Il s'agit de Coulibaly Abdoulaye, apprenti d'un grumier, Konaté Ismaël et Bamba Sékou, respectivement apprenti et conducteur de camions citernes. Ils ont été épinglés au PK 75 de l'autoroute du Nord. Sifflés par des agents en poste, l'un et l'autre plutôt que d'attendre tranquillement à bord de leurs véhicules pour être soumis au contrôle des pièces, sont descendus pour s'en aller vers les agents. Pis, ils avaient avec eux des billets de 2.000F et 1.000F qu'ils allaient remettre aux agents quand les contrôleurs sont arrivés in extrémis pour les interpeller.
Le tribunal militaire qui n'est pas compétent pour juger des civils, se chargera de les conduire devant le procureur de la République ».
Après avoir lu cet article de Monsieur L. Kohon, comment ne pas saluer l'initiative de la répression qui a été pendant longtemps le chaînon manquant de la lutte contre la corruption en Côte d'Ivoire, et particulièrement celle contre le racket policier ? Toutefois, je n'ai pu m'empêcher de me poser deux questions, qui jusqu'à présent m'amènent à réfléchir profondément.
Premièrement, l'arrivée subite des contrôleurs au moment précis de la transaction, ne paraît-elle pas bizarre ? En tous cas, moi, j'ai de la peine à croire qu'il ne s'agisse pas d'un coup monté, ou d'une opération de charme montée de toutes pièces. Pas vous ?
Ma deuxième question est celle de savoir pourquoi les fameux contrôleurs ont interrompu la transaction, accusant ainsi uniquement les transporteurs de corruption active, alors que je suis sûr que si l'on observait plus longtemps (à condition que ce ne soit pas un coup monté, bien sûr !), les policiers auraient également pu être convaincus de corruption passive. Ce faisant, on introduit un biais d'injustice dans l'action de lutte contre la corruption, puisque une partie au contrat est étrangement épargnée. Alors qu'on sait pertinemment que c'est comme un code entre policiers et transporteurs : « je te siffle, tu descends pour venir me voir... »
Espérons tout simplement que les contrôles deviendront de plus en plus fréquents et de plus en plus justes pour débusquer tous les corrompus, de quelque côté qu'ils se trouvent (policiers ou transporteurs). Mais surtout, il faut insister sur l'application effective des peines encourues, et la médiatisation des informations y relatives. C'est en cela que le risque de se faire prendre aura tout son sens.
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14:31 Publié dans Actualités, Corruption, Côte d'Ivoire, Réflexions, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : abidjan, côte d'ivoire, corruption, racket, politicers, transporteurs, équipes de contrôle
05.04.2010
La FESCI : le vrai problème de l'école ivoirienne

Les origines de la FESCI
La Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI) est un syndicat dont la naissance remonte au 21 avril 1990, dans un contexte où la Côte d'Ivoire entrait dans le multipartisme. À l'origine, les objectifs étaient de défendre les droits des étudiants et élèves de tout le pays, la période de sa naissance la justifiait bien. En effet, selon Henri Tohou, un des membres fondateurs de la Fédération, « Tout est parti d’une coupure de courant à la veille de notre examen. Ensuite, il y a [eu] coupure d’eau à la cité universitaire de Yopougon. Avec quelques camarades, nous avons décidé de marcher pour réclamer des conditions de vie décentes. Mais la police nous a gazés. On a encore décidé de marcher sur la Présidence de la République, là encore on a été pris en tenaille et bastonnés... ».
C'est dire donc que l'histoire de la FESCI a été, dès le départ, intimement liée à celle de la politique de la Côte d'Ivoire, et force est de constater qu'elle a joué, aux côtés de l'opposition des années 1990, un rôle non négligeable dans l'accession du pays au multipartisme. Mais en réalité, le problème est plus profond et plus vieux que les conditions de la gestation de la FESCI ! Souvenons-nous que du 3 au 5 avril 1969, sous l'instigation du PDCI (Parti Démocratique de Côte d'Ivoire, au pouvoir de 1960 à 2000), naissait le Mouvement des Elèves et Etudiants de Côte d'Ivoire (MEECI). Depuis les années 1960, la vie des associations estudiantines en Côte d'Ivoire ne s'est jamais définie en dehors de celle des partis politique, et pour ma part, la FESCI n'a été que la réplique du MEECI, une révolte au système de pensée unique entretenu longtemps par le PDCI, et portée par une opposition qui cherchait alors à s'affirmer et à gagner de plus en plus de partisans dans la population.
La politisation et la violence
Toutefois, loin de légitimer les pratiques de la FESCI, je me dois de faire remarquer que l'une des causes des dégâts que nous regrettons tous aujourd'hui, c'est l'instrumentalisation de la jeunesse estudiantine et scolaire par les partis politiques, qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition.
Le Front Populaire Ivoirien a beau réclamé ne jamais avoir cherché à acquérir le pouvoir par la violence, je suis persuadé que la FESCI a été ce vecteur de violence dont il s'est habilement servi des années durant, pour peu à peu se hisser au pouvoir. Il n'y a qu'à voir aujourd'hui le nombre d'anciens « fescistes », et non des moindres, dans l'entourage du Président Gbagbo pour s'en rendre compte.
On peut donc affirmer que les politiques ont détourné le syndicalisme estudiantin de son objet premier, lui octroyant ainsi un pouvoir que de jeunes gens ne sont pas forcément censés savoir gérer. C'est ainsi, de mon avis, que s'appuyant sur des causes justes au départ, les différents dirigeants de la FESCI vont peu à peu glisser vers une forme d'organisation qui n'a aujourd'hui plus rien d'un syndicat, mais s'apparente plus à une mafia macabre.
Ce que les campus sont devenus
C'est ainsi qu'aujourd'hui, on ne peut plus compter, tellement elles sont nombreuses, les exactions et situations incongrues imputables à cette machine devenue incontrôlable par ses propres géniteurs (le PDCI et le FPI notamment). Car, tels le Dr Frankenstein, ceux-ci auraient peur de se voir assassinés par le fruit de leurs réflexions et actions passées.
Toujours est-il que quand on se rend sur les campus, plusieurs faits attirent l'attention sur la déliquescence de ce lieu de savoir transformé en un véritable « champ de dépravation » : les maquis et autres buvettes pullulent, on trouve peut-être même plus d'entrepreneurs privés que d'étudiants, et toute cette activité, tenez vous bien, est orchestrée de mains de maîtres par les responsables de la FESCI, qui perçoivent des droits occultes sur chaque entreprise, lorsque celle-ci ne leur appartient pas carrément. J'ai même appris qu'un nombre important de chambres leurs sont dévolues et qu'ils y logent des étudiants (ou d'autres personnes) qui paient un loyer pouvant aller jusqu'à 20.000FCFA (au lieu des 6.000F officiels).

Sans compter les nombreux crimes crapuleux commis par des membres de la FESCI, dans une impunité totale. Un des derniers en date, lorsqu'on consulte la presse, est celui de Doh Glao Mathieu, secrétaire général de la section locale du lycée Pierre Mendès à Daloa, le 25 avril 2009. Plus récemment, sous prétexte que la date des congés de pâques, fixée au 2 avril est trop proche de la date de la fête de Pâques (4 avril), la FESCI a mis enseignants et élèves d’Adzopé en congé. Et ce, à partir du vendredi 26 mars, à 8 jours de la date officielle du départ en congé sur toute l’étendue du territoire. Au grand dam des autorités de l'Education Nationale locales.
Quelle solution ?
La société ivoirienne semble s'être accoutumée de l'anormalité évidente que représente aujourd'hui la FESCI. Mais en réalité, cette accoutumance n'est qu'une simple démission, tout le monde s'étant peu à peu convaincu qu'on ne peut rien faire contre « le monstre ».
La première étape vers une solution viable, consiste donc à prendre conscience du caractère anormal de cette organisation et accepter qu'une solutions définitive lui soit trouvée. Ensuite, je pense qu'il faut avoir le courage de dissoudre cette association afin de nettoyer toutes les cités de ses souillures. Une façon de procéder serait de vider toutes les cités et internats de Côte d'Ivoire pendant la période des vacances scolaires et universitaire. Cela donnerait le temps de poursuivre tous les responsables d'exactions et de leur appliquer la rigueur de la loi. Ensuite, il faudra rétablir une situation normale sur les campus en réattribuant les chambres sur des bases justes, et en redonnant aux organes officiels de gestion de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur, leur autorité longtemps piétinée par la FESCI.
K@rl
Blogueur africain
18:00 Publié dans Côte d'Ivoire, J'aime pas !, Politique, Réflexions, Société | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : abidjan, côte d'ivoire, fesci, école ivoirienne, politique, meeci
01.04.2010
L'Afrique avance déménage !
Bonjour à tous et à toutes ! Vous êtes certainement étonnés de voir ce nouveau design et cette nouvelle adresse de votre blog L'Afrique avance. Je vous informe que désormais, vous aurez accès aux informations et analyses sur une plateforme purement africaine. Ivoire-blog est une plateforme créée par de jeunes africains originaires de plusieurs pays du continent, et représente pour les objectifs que nous nous sommes fixés, le cadre idéal : il s'agit de fédérer le maximum d'africains autour de la réflexion constructive en vue du changement des mentalités pour le développement de l'Afrique. Où, mieux que sur une plateforme typiquement africaine, peut-on toucher le maximum d'africains ? Voilà, en un mot comme en mille, les raisons de ce déménagement.
Bonne lecture et à vos commentaires !
K@rl
Blogueur africain
23:27 Publié dans Actualités, Blog, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : karl gougouly, blog, déménagement, ivoire-blog
Visite du Général Sékouba Konaté en France : les nouvelles autorités guinéennes aux ordres de la France ?

Les nouvelles autorités de la Guinée ont entamé une visite officielle en France qui durera du 31 mars au 7 avril 2010. Ce qui est une véritable première depuis la prise du pouvoir par l'armée à la suite du décès du Président Lansana Conté. Car on se souvient bien qu'avant le 28 septembre 2009, date des massacres du Stade du 28 septembre qui a vu le "renversement" du Capitaine Dadis Camara, la junte guinéenne affichait une certaine distance vis-à-vis de l'ancienne puissance coloniale.
En effet, le général Sékouba Konaté, dirigeant par intérim de la Guinée a rencontré jeudi (1er avril) le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, selon France 24. Bernard Kouchner a discuté avec Sékouba Konaté du "processus de transition politique en cours en Guinée et (de) l'appui que la communauté internationale y apporte, en vue de l'élection présidentielle fixée au 27 juin. Le chef de la diplomatie française a affiché un optimisme remarquable en affirmant même que le Général Konaté est un espoir pour son pays.
Par ailleurs, il convient de noter que le départ en France du Général Konaté a été rendue possible par la levée le lundi (29 mars 2010) à Bruxelles de l'interdiction de visas qui le frappait dans l'Union européenne en vertu des sanctions décidées après le massacre de septembre 2009 à Conakry, selon des diplomates français. Quatre personnes, dont le général Konaté, ont bénéficié de cette levée, a précisé l'un d'entre eux. Ainsi, plusieurs ministres guinéens qui devaient accompagner l'officier n'ont pu obtenir de visas à cause des sanctions à leur encontre, selon des sources proches de la présidence guinéenne. Il s'agirait notamment des ministres de la Pêche et de l'Aquaculture, le colonel Korka Diallo, des Transports, Mathurin Bangoura, et des Arts et de la Culture, Fodé Isto Kéira.
Les conditions d'organisation de cette visite appellent de ma part les commentaires suivants :
Je ne sais pas pour vous, mais je ne peux pas m'empêcher de penser que les autorités guinéennes vont, à travers cette visite, prendre les ordres de la France qui voit là l'occasion rêvée de reprendre la main dans le dossier guinéen qui semblait leur échapper depuis la prise du pouvoir du "soldat rebelle" Dadis Camara. Et cela corroborerait la thèse de l'implication occulte de l'ex-puissance coloniale dans l'organisation des massacres de septembre dernier, dont le résultat majeur, au niveau politique s'entend, a été l'éviction de l'empêcheur de tourner en rond.
La deuxième réflexion que j'aimerais partager est relative à l'attitude pour le moins sélective affichée par la France (l'Europe en général) dans ses relations avec ses anciennes colonies : les autorités guinéennes qui n'ont pas le droit de se rendre en Europe, ne sont pas assez propres pour s'y rendre, mais le sont assez pour diriger un pays africain. Voyez-vous le caractère pernicieux de ce genre de décisions ? Et puis, la culpabilité de ces personnes a-t-elle été établie formellement ? De même que la non implication du Général Konaté, qui était, semble-t-il, absent de la Guinée pendant les événements de septembre 2009 : son absence suffit-elle à le disculper ?
Le moins qu'on puisse dire, c'est que si la France n'est pas la principale cause des déboires des pays africains, il faut reconnaître que son jeu trouble n'y est pas étranger.
K@rl
Blogueur africain
22:55 Publié dans Actualités, Afrique, Politique, Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : niger, sékouba konaté, france, bernard kouchner
25.02.2010
Niger : de sérieux doutes quant à l’agenda de la junte !

Quasiment toute la communauté internationale a joint les mains à celles des nigériens pour applaudir la junte qui a pris le pouvoir après le coup d’Etat du 18 février 2010 à Niamey. Et pour cause : l’épisode du tripatouillage de la constitution par le Président Mamadou Tandja en vue de demeurer au pouvoir (ad vitam eternam). Surtout que les nouveaux hommes forts de Niamey ont affirmé au départ que leur souci premier est de retourner le plus tôt possible à l’ordre constitutionnel qui avait cours avant la dérive référendaire de Tandja. Houra ! Pourrait-on s’entendre crier.
Seulement, moi, je commence à avoir de sérieux doutes à la suite de l’interview accordée par le Chef d’Escadron (ou le Commandant) Salou Djibo, nouveau Chef de l’Etat Nigérien, à Radio France International (RFI) il y a deux jours. En effet, à la question de savoir s’il faut s’attendre à un retour immédiat à l’ancienne constitution, sa réponse a été pour le moins surprenante. Il a indiqué qu’une nouvelle constitution serait soumise au vote du peuple nigérien. Quand il s’agit de donner une date, même approximative, des élections censées redonner le pouvoir aux civils, il répond : « en temps opportun, ça se saura ».
Pire, il me semble que l’agenda de la junte au pouvoir au Niger s’est considérablement étoffé ! Il s’agit désormais de « donner un coup de balai à la corruption, avant de préparer des élections transparentes visant à rétablir la démocratie ».
Bref, tout ceci me fait penser étrangement à un autre balayeur dont le balai s’est cassé en pleine séance de balayage (vous voyez de qui je parle, vous les ivoiriens ?). A mon avis, un régime militaire, même s’il tombe à pic, ne devrait pas durer plus de quelques mois. Surtout que dans le cas du Niger, le problème à l’origine
de la légitimation du coup d’Etat semble simple : il s’agit ni plus ni moins d’un changement constitutionnel inique. Alors, le plus simple (et le plus rapide), c’est d’abolir cette constitution, d’organiser le plus vite possible des élections transparentes et de laisser la politique aux politiciens nigériens,
qui, eux, sauront mieux balayer tout ce qu’il y a à balayer.
K@rl
Bloggeur
africain
13:46 Publié dans Actualités, Afrique, Corruption, Politique, Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : corruption, coup d'état, junte, niger

